Le premier audit Basalt - 500 questions, zéro improvisation
On lance Basalt Beholder sur un vrai client. Fini les audits improvisés de 10 jours. Récit du premier audit industrialisé avec une PWA locale.
Le problème qu’on résolvait
Chez siliceum, les audits techniques prenaient plus de 10 jours pour 2 volets. Les questions étaient improvisées d’un audit à l’autre, les rapports de qualité variable. Un auditeur posait certaines questions, un autre les oubliait. Le livrable final dépendait de qui le rédigeait. Aucune base commune, aucune reproductibilité.
L’objectif : une base de connaissances structurée, des questionnaires standardisés, des rapports générés automatiquement. Diviser le temps d’audit par deux, zéro improvisation.
Le premier audit réel
Trois jours après avoir fini Basalt Beholder, on le pointe sur un vrai client. L’auditeur ouvre la PWA sur son portable, crée une nouvelle session d’audit, et commence à dérouler le questionnaire. Plus de 500 questions réparties en volets et thèmes, chacune avec des niveaux de maturité CMMI de 0 à 4.
Le changement est immédiat. Au lieu d’improviser ses questions, l’auditeur suit un référentiel structuré. Chaque réponse est notée sur l’échelle de maturité. Les observations et pièces jointes sont attachées directement à la question concernée : un Ctrl+V pour coller une capture d’écran, un drag-drop pour un document.
Ce que CMMI change
L’échelle CMMI (Capability Maturity Model Integration) donne un cadre objectif à chaque constat. Au lieu de « c’est pas terrible » ou « il faudrait améliorer ça », chaque pratique est évaluée sur 5 niveaux :
- Niveau 0 : Inexistant, la pratique n’existe pas
- Niveau 1 : Initial, la pratique existe mais de manière ad hoc
- Niveau 2 : Géré, la pratique est documentée et suivie
- Niveau 3 : Défini, la pratique est standardisée dans l’organisation
- Niveau 4 : Mesuré, la pratique est mesurée et optimisée
Le radar chart du rapport PDF rend ça lisible d’un coup d’oeil. Le client voit quels volets sont matures et lesquels sont en retard. Pas besoin de lire 30 pages, le graphique suffit pour la discussion stratégique.
Le offline qui sauve la mise
Le premier audit s’est déroulé dans les locaux du client. Le Wi-Fi invité demandait une authentification captive toutes les heures. Sur un outil cloud, ça aurait été un cauchemar : reconnexion, perte de contexte, synchronisation bancale.
Basalt est une PWA offline-first. Tout vit dans IndexedDB. L’auditeur a travaillé quatre heures sans connexion Internet. Les réponses, les notes, les pièces jointes, tout stocké localement. Quand il est rentré au bureau, les données étaient toujours là, intactes.
C’est exactement pour ça que l’architecture zéro backend a été choisie. Pas par purisme technique, par nécessité terrain. Un auditeur en mission ne peut pas dépendre d’une connexion Internet.
Le rapport PDF
À la fin de l’audit, un clic sur « Générer le rapport ». Basalt réutilise les composants Vue pour produire un PDF enrichi côté client : radar chart par volet, distribution des niveaux de maturité, badges de sévérité, sections rédactionnelles avec les observations saisies pendant l’audit.
Le rapport sort directement du navigateur. Pas de serveur de rendu, pas d’API tierce. Le même code Vue qui affiche la question à l’écran la met en forme dans le PDF. Un seul composant, deux rendus.
Ce que le premier audit a révélé sur l’outil
L’outil a tenu. Mais le premier usage réel a montré des frictions :
La navigation entre questions. Avec 500+ questions, le scroll linéaire ne suffit pas. L’auditeur voulait sauter d’un thème à l’autre, revenir à une question marquée comme « à approfondir ». J’ai ajouté le réordonnancement des questions et la possibilité de masquer celles qui ne s’appliquent pas au contexte.
La command palette. Chercher une question par mot-clé dans un questionnaire de 500 items. Ctrl+K, on tape « sauvegarde », les questions pertinentes apparaissent. Évident après coup, invisible avant le premier vrai usage.
Les pièces jointes lourdes. L’auditeur avait des documents DOCX et XLSX à attacher comme preuves. IndexedDB gère ça, mais le UI d’upload n’était pas pensé pour des fichiers bureautiques. Ajout du support DOCX/XLSX avec preview intégré.
Le temps gagné
L’ancien workflow : 10+ jours pour 2 volets, rapport rédigé manuellement, qualité variable.
Le nouveau workflow avec Basalt : le questionnaire guide l’auditeur question par question, les observations sont saisies en contexte, le rapport se génère automatiquement. L’auditeur passe son temps à écouter et à analyser, pas à se demander quelle question poser ou comment formater son livrable.
Ce que j’en retiens
53 commits en 3 jours pour construire l’outil. Le framework BMAD avec Claude Code a permis de produire 35+ composants Vue et 21 composables dans ce délai. Mais c’est le premier audit terrain qui a transformé un prototype en outil métier. Les trois correctifs post-audit (navigation, command palette, pièces jointes) n’auraient jamais émergé d’un brainstorming, il a fallu observer un auditeur galérer en conditions réelles.
L’industrialisation de l’audit, ce n’est pas automatiser l’audit. C’est donner à l’auditeur un cadre qui libère sa capacité d’analyse au lieu de la noyer dans la logistique.