Où est mon doc ? - Un outil pour une vraie personne
Des centaines de PDF éparpillés sur un disque dur de prof. Un LLM local pour les indexer. Une app desktop Tauri pour les retrouver. Récit d un projet construit pour un utilisateur réel.
Le problème
Une professeure d’arts plastiques. Des centaines de PDF pédagogiques - reproductions d’œuvres, fiches de séquences, documents d’évaluation - dispersés dans une arborescence de dossiers qui ne fait sens que pour elle. Quand elle cherche un document sur le clair-obscur pour sa classe de troisième, elle ouvre l’explorateur de fichiers et commence à fouiller. Dix minutes plus tard, elle n’a toujours rien trouvé.
J’ai observé ça un dimanche. Et j’ai su que je devais construire quelque chose.
Local d’abord, local toujours
Première décision : aucun cloud. Les documents pédagogiques restent sur le disque de l’enseignante. L’application ne copie rien - elle référence les chemins, ajoute des métadonnées par-dessus. SQLite en raw SQL, un seul fichier de base de données. Si l’app disparaît demain, les PDF sont toujours là, exactement où ils étaient.
C’est une philosophie que je défends : un outil ne devrait jamais prendre en otage les données qu’il manipule.
Le tournant Ollama
Le scanner de dossiers, c’était le minimum. Le vrai saut, c’est quand j’ai branché Ollama. Le serveur extrait le contenu textuel de chaque PDF et le soumet au LLM local pour proposer des tags automatiquement. Un dossier de 200 fichiers se retrouve classé en quelques minutes, sans effort humain, sans rien envoyer sur Internet.
Le modèle tourne en local sur le CPU. C’est plus lent qu’un appel API cloud, mais la confidentialité n’est pas négociable quand on gère des documents scolaires.
Le choix Bauhaus
L’identité visuelle est radicale : zéro border-radius, typographie monospace, palette noir-blanc-rouge. À l’opposé du « Soft Minimal » de Totem. C’est un choix délibéré - l’interface d’un outil de travail doit être sobre, fonctionnelle, sans distraction. Le Bauhaus comme principe : la forme suit la fonction.
Le mode projection, pensé pour la salle de classe, pousse cette logique encore plus loin. Texte agrandi, contraste maximal, navigation simplifiée. Un prof devant ses élèves n’a pas le temps de chercher un bouton.
La réaction
Quand j’ai montré l’outil à l’enseignante, elle a scanné son dossier de travail et trouvé un document qu’elle cherchait depuis trois semaines. En deux clics. Elle a dit : « Mais pourquoi ça n’existe pas déjà ? »
C’est la meilleure validation qu’un projet puisse recevoir.